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Rendez-vous à 8h30 en plein centre-ville de La Paz, où nous rencontrons Victor, notre guide, et Sabino, notre porteur, indiens tous les deux, et Philip, un jeune allemand avec qui nous partons pour cette aventure de trois jours à travers les montagnes.
Un mini-bus nous conduit tous les cinq à une heure de route de La Paz, par une petite route en terre qui n'en finit pas de grimper, jusqu'au col de La Cumbre, 4900 m. Il n'y a rien tout autour de nous, où que nous regardions, seulement des montagnes grises et nues, des nuages. Pas une seule plante, pas un seul être humain. On se sent comme sur une autre planète. On distingue le long d'une de ces montagnes, un chemin qui descend dans la vallée. Il ne fait pas si froid que ça, étrangement...

Dès la première heure, on commence à sentir dans nos jambes ce que c'est que d'être un inca ! Nos genoux commencent à souffrir, ça descend vraiment en pente raide. Lorsque nous arrivons dans la vallée vers 12h, nous avons déjà fait 1000 mètres de dénivelé, s'asseoir et se lever sont devenus un supplice !


Nous traversons l'après midi des villages où le temps n'a pas eu d'emprise, des corrals en pierre pour abriter les animaux, des toits de chaume pour abriter les hommes. On ne voit que peu d'êtres humains, les lamas sont moins timides et nous accompagnent tout au long de la journée. Il y a de la brume et une fine bruine nous bat le visage... Des enfants malicieux surgissent un moment du brouillard, comme sortis de nulle part, pour nous suivre en riant quelques centaines de mètres...

En fin d'après midi, le paysage change brusquement, se transforme. Une végétation épaisse et humide, des lichens qui pendent des arbres, des lianes au-dessus de nos têtes. Pour un peu on ne serait pas étonnés de voir apparaître King Kong !!! Des cris d'oiseaux étranges, le bruit au loin d'un torrent de montagne. Et ça descend toujours autant.
Nous finissons par voir apparaître au loin un tout petit village où quelques cheminées fument. Nous arrivons dans une petite vallée humide et froide, au bord de la rivière. Nous plantons la tente près d'un petit pont, dont un panneau indique l'altitude : 2900 m.

Fourbus comme des ânes d'inca, nous passons la soirée à refaire le monde avec Philip, étudiant en sociologie, à boire des infusions de coca et à réajuster nos écharpes...
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