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Le paysage change l'espace d'un instant quand nous repartons à 8 h du matin. Des lits de rivières moussus, gorgés d'eau... On se croirait chez les ancêtres de Talita. Il fait super beau.

L'instant d'après une lagune sortie de nulle part s'offre à nos yeux, et nos premiers flamants roses.

De lagune en lagune, et de flamant rose en flamant rose, nous passons la matinée dans un environnement presque aquatique. La multitude des couleurs des lagunes s'expliquent par leurs différentes concentrations en borax (blanc), soufre (vert)...

La dernière lagune, la lagune colorada, nous offre un surprenant scintillement de rouge. Les milliers de sacrifices incas ont coloré cette lagune pour l'éternité, et on raconte que celui qui s'y plonge doit craindre le retour de la momie.... n'importe quoi ! En vérité, ce sont des micro-organismes qui naissent et meurent chaque seconde par millions, en expulsant un liquide rouge qui donne cette coloration à l'eau. C'est incroyable.

Près de cette lagune, un petit village au pied d'un volcan. C'est là que nous dormirons. Toujours pas d'eau chaude, mais pas de crevaison aujourd'hui.
Vers 15 h, nous entreprenons tous les quatre, grands malades que nous sommes, l'ascension du volcan. Quatre heures plus tard, nous y sommes. Nous sommes à plus de 5000 m d'altitude. Nous marchons d'un pas lent, les pieds et les mains glacés, une boule de coca au creux des joues. Je manque d'air, les poumons me brûlent. Je hais les gars de m'avoir traîné jusqu'ici...

En souvenir de notre folle ascension, nous construisons un cairn, un petit monticule de pierre, qui marquera notre passage en ces lieux.

Le soir même, nous sommes tous un peu malades. Dodo à 21h, serrés à quatre dans une toute petite pièce glacée.
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