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9 h du matin : rencontre avec David, 22 ans, notre guide, et Bernardina, notre cuisinière, une pure mama bolivienne avec la jupe et les deux longues tresses, tout de suite très maternelle avec les gars....
Départ folklorique sur des pistes poussiéreuses en lacet, étroites et caillouteuses, qui grimpent, grimpent. Je ferme les yeux dans les virages (200 m de vide en dessous, c'est jamais très rassurant), les garcons sont morts de rire. Ce départ en trombe vaudra à David le surnom de "Vatanen" pendant toute l'expédition. Je reste convaincue que c'est un grand malade du volant. A 10 h, première galère de voiture... comment voulez vous que je sois rassurée ?

Le paysage est désertique, comme tous les paysages d'altitude que nous avons traversés jusqu'à aujourd'hui. Des cactus, des arbustes qui semblent morts, des formations rocheuses aux noms étranges, des orgues de sable.
Arrivés sur les plateaux, nous commencons à sentir la fraîcheur, une difficulté à respirer aussi.

Première crevaison, nous nous arrêtons dans un endroit improbable où notre "madre" nous prépare à manger.

De tous petits villages parsèment ces montagnes où les lamas sont plus nombreux que les hommes.
Dans un de ces îlots humains au milieu de nulle part, à 6 h de piste de la première ville, Bernardina s'arrête pour apporter du sel et du sucre à sa famille.

Cette même journée se dévoilent à nos yeux les premiers gisements de sel, des cimetières d'animaux qui sont les témoins d'hivers trop rudes, des autruches sauvages ("suris"), des vigognes (sortes de petits lamas sauvages).


En fin de journée, au détour d'une vallée, un village abandonné où les espagnols exploitaient autrefois les incas dans les mines. Lorsque David nous raconte l'histoire de ce "pueblo fantasma", village fantôme maudit, abandonné de tous, où rôdent des ombres la nuit, le jour commence à tomber et quelques frissons nous parcourent l'échine...
 
Nous arrivons à 4855 m d'altitude. On mâche de la coca comme de vrais ruminants d'alpage. Les oreilles bourdonnent.

Nous sommes accueillis par une famille dans un bâtiment des plus sommaires, l'eau est glacée. Le vent souffle entre les joints des carreaux, il n'y a pas de chauffage. Un long couloir nous sert de salle à manger, et le jour perce à travers le plafond de nos chambres... |